Idiotismes
Nous les utilisons sans réfléchir tant ils sont ancrés dans notre inconscient collectif. Nous avons une vague idée de ce qu’ils signifient mais en connaissons-nous l’origine ?
Les idiotismes (tournures ou expressions propres à une langue et intraduisibles littéralement dans une autre langue) sont quelque fois explicites, souvent fondés, et aussi parfois bien alambiquées. En voici quelques-uns relatifs au monde animal :
Donner sa langue au chat
Expression du XIXe siècle exprimant le renoncement. Elle a remplacé « jeter sa langue aux chiens » qui signifie que l’on jette aux chiens ce dont on n’a plus besoin, soit l’organe de la parole qui n’a plus d’utilité puisqu’on ne trouve pas la réponse à donner.
Un ours mal léché
Superstition selon laquelle l’ourse façonne ses petits en les léchant abondamment. Au XVIIe siècle, cette expression s’est transposée pour désigner un être humain mal formé physiquement. La locution a ensuite évolué pour définir la grossièreté et la mauvaise éducation.
Entre chien et loup
Expression du XIIIe siècle désignant la tombée du jour, moment où il devient difficile de distinguer un chien d’un loup à cause du manque de clarté.
Payer en monnaie de singe
Au XIIIe siècle, Saint-Louis décida d’instaurer une taxe pour traverser le pont reliant l’Ile de la Cité à la rue Saint-Jacques à Paris.
Toutefois, les forains, bateleurs et jongleurs qui possédaient un singe échappaient au paiement de cette redevance en faisant exécuter un tour à leur animal…
Bailler aux corneilles
A l’origine, le verbe s’écrivait « bayer » et signifiait avoir la bouche ouverte. Quant au terme « corneilles », il désignait des objets insignifiants de par leur abondance. Il pouvait s’agir autant des oiseaux, nombreux en ce XVIe siècle, que du fruit du cornouiller.
Bayer aux corneilles signifiait donc « rester bouche bée et désirer des choses sans intérêt ».
Etre muet comme une carpe
Expression du début du XVIIe siècle par analogie avec la carpe qui sort souvent la tête de l’eau en ouvrant la bouche.
Etre le dindon de la farce
Le dindon symbolisait le vieillard berné dans les petites pièces comiques que l’on donnait au Moyen-âge. Par extension, l’expression a rapidement symbolisé une personne victime d’une duperie.