Parfum de scandale

Publié le par SPA Tourcoing

Senteur musquée, effluve capiteuse et enivrante, fragrance envoûtante et… mortelle destinée pour le chevrotain porte-musc.

  Chevrotain porte musc

Ce petit ruminant, également appelé daim musqué ou cerf porte-musc, et dont on tire la substance odoriférante, paye en effet le prix fort de notre plaisir olfactif.

 

Vivant à plus de 2 000 mètres d’altitude, dans l'Himalaya, à l'extrême ouest de la Chine et jusqu'au nord de la Sibérie, le chevrotain porte-musc mâle est doté d’une petite glande située sous l’abdomen qui se remplit de musc lors des périodes de rut.

 

Le musc fait l’objet d’un commerce depuis le VII ème siècle av. J.C.

Très prisée par la médecine traditionnelle chinoise (400 préparations en contiennent) et l’industrie de la parfumerie (où elle est utilisée comme fixatif), cette essence a été surexploitée durant tout le 20ème siècle, ce qui a littéralement décimé l’espèce. Les populations sauvages sont partout en déclin sur leur territoire naturel.

 

Chaque individu ne produisant que 25 grammes de musc à la fois,

jusqu’à 50 000 animaux ont été abattus par an.

 

La Chine pratique l’élevage depuis 1958 où l’on recourt non plus l’abattage, mais au curetage pour prélever le musc. Toutefois, le stress provoqué par la séquestration diminue la production chez les mâles captifs. La demande n’est donc pas couverte et le braconnage sévit, ainsi que le trafic qui demeure très lucratif puisque le musc est l’un des produits d’origine animale les plus chers au monde. Les animaux braconnés sont tués sans discernement au collet ou au fusil, y compris les jeunes et les femelles qui ne produisent pas de musc.

 

Aujourd’hui, même si la médecine traditionnelle chinoise continue à être très demandeuse de musc naturel, la parfumerie utilise un produit de synthèse.

Toutefois, le musc artificiel fabriqué en laboratoire contient des phtalates (plastifiant couramment utilisé dans les matières plastiques et objet d’une récente polémique concernant les biberons). Ceux-ci présentent un danger non négligeable pour la peau et le système respiratoire.

 

-> Voir le rapport de Greenpeace sur le musc de synthèse (p 6) :  

 

Dans le doute, abstenons-nous donc !

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