Les zoos : entre discours et réalité
La réouverture du zoo de Vincennes, qui s’est accompagnée d’un matraquage médiatique à la limite de l’indécence, est-elle une bonne nouvelle ?
On se plaît à se convaincre de la légitimité des zoos, voire de leur nécessité. On se rassure quant à leur fonction de préservation des espèces et leur dimension éducative. Parfois, on se questionne sur le bien-être de leurs pensionnaires. Et on se projette : eux notre place, et surtout, nous à leur place.
On s’interroge sur leurs conditions de détention et, même si l’on nous affirme que les lions ont des rochers chauffants à leur disposition, on se dit qu’ils n’ont pas grand-chose à faire dans cette savane artificielle.
On se rassure en pensant à l’époque révolue où les captures meurtrières en milieu naturel généraient entre 15 et 30 % de morts lors de la prise, sans compter le massacre des femelles allaitantes et des mâles dominants, et sans oublier les décès en cours de transport et les échecs d’adaptation.
On nous dit que les animaux présentés sont nés en captivité et font l’objet d’échanges entre zoos, ce que l’on peut concevoir au nom de l’effort pour la préservation des espèces. Mais quand on apprend que des animaux y sont sacrifiés pour éviter la consanguinité et dépecé en public devant des enfants et sous l’œil des caméras ou abattus par convenance comme récemment au zoo de Copenhague, on ne peut que s‘insurger. Surtout lorsque l’on sait que ces pratiques sont courantes dans ces établissements.
Confrontés aux questionnements sur leur utilité, les zoos mettent en avant des vertus pédagogiques et jouent sur l’émotion auprès de leurs visiteurs. Mais c’est faire peu de cas de la promiscuité, de la frustration, de la mise à mal des comportements naturels, de l’ennui qui rend fou, de cette vie réglementée avec distribution chronométrée de nourriture et de l’exposition crue et irrespectueuse au regard d’un public naïf.
Emprisonner les animaux sauvages pour les protéger n’est qu’une réponse approximative à l’extinction des espèces, un moindre mal face à la destruction de leur milieu naturel et au braconnage. Développer les réserves naturelles est le meilleur moyen d’action pour une protection à long terme.
N’encourageons pas les initiatives mercantiles de zoos urbains qui jettent de la poudre aux yeux de leurs clients au mépris du véritable amour des animaux. La prétendue supériorité de l’être humain ne l’autorise pas à pervertir la réalité en légitimant l’emprisonnement sous couvert de protection animale.
Réservons nos visites à des lieux de sauvetage comme le Refuge de l’Arche et luttons contre les abus tels que l’euthanasie abusive en signant la pétition de la SPA !